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Fondé en 2008, l’ensemble vocal féminin Les Scholastiques Neumatiques a donné son premier concert en avril 2009. Il se consacre à l’interprétation du chant grégorien et des polyphonies médiévales. Son interprétation du chant grégorien est basée sur les manuscrits médiévaux et leurs notations musicales neumatiques et tente de rendre le mieux possible les variations de rythme et les ornementations de la ligne grégorienne. Son interprétation des polyphonies, basée sur un retour aux sources, repose sur une même recherche de la fluidité et de l’interaction des lignes mélodiques.
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Le nom du groupe évoque à la fois la notation médiévale du chant grégorien, chaque signe étant désigné par le terme « neume », et le contexte intellectuel dans lequel s’est développé la polyphonie médiévale en particulier la polyphonie de Notre-Dame ; contexte marqué par la pensée scolastique universitaire.
La musique
De nos jours, on connaît surtout le chant grégorien en tant que musique religieuse de l’Église catholique et principalement par la pratique qu’en ont les monastères. L’origine de ce chant remonte au VIIIe et au IXe siècle, lorsque Pépin le Bref, Charlemagne et Louis le Pieux ont imposé le plain-chant romain à tout leur territoire. Comme plusieurs traditions de plain-chant existaient déjà, un phénomène d’hybridation entre les traditions locales et la tradition romaine a donné le jour au chant grégorien (que l’on appelle parfois romano-franc).
Tout au long du Moyen Âge le chant grégorien a été la base sur laquelle se sont développé des pratiques continuellement renouvelées de polyphonie. Un des exemples les plus éclatants en est la polyphonie parisienne qui s’est développée entre 1160 et 1270.
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Charleville-Mézières, Bibliothèque Municipale, Ms.86, f.21v-22r
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L'interprétation
Il existe plusieurs approches de l’interprétation du chant grégorien. Les monastères ont longtemps privilégié une interprétation modeste, et le font encore dans une grande majorité. Les traditions anglo-saxonnes développé une interprétation en rythme égal.
Depuis le tournant du XXe siècle, les moines de Solesmes ont travaillé à une restauration du chant grégorien selon les manuscrits médiévaux. Leurs recherches ont donné lieu à une meilleure compréhension de la notation neumatique manuscrite du chant grégorien, ce qui a entraîné chez les musicologues et les dernières générations de musiciens, une nouvelle approche de l’interprétation du chant grégorien.
Les dernières décennies ont vu une floraison d’interprétations du chant grégorien, se différenciant parfois par des détails soulevant les discussions et les passions des spécialistes musicologues et chanteurs.
L’ensemble Les Scholastiques neumatiques privilégie une interprétation du chant grégorien qui s’appuie sur la notation neumatique de St-Gall. Le résultat est une mélodie grégorienne souple, au rythme libre et aux ornementations variés, surprenante aux premiers abords. L’avantage est d’offrir une interprétation réactualisée et vivante du chant grégorien, qui contraste avec ses interprétations auxquelles les auditeurs sont habitués.
Le même souci marque notre interprétation des polyphonies médiévales, qui se base également sur la connaissance des sources manuscrites et de la théorie musicale médiévale.
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Un ensemble féminin de chant grégorien ?
Eh oui, les femmes aussi chantaient au Moyen Âge ! Les femmes chantaient lorsqu’elles brodaient. Leurs chansons nous sont parvenues et elles forment un répertoire spécifique que l’on appelle « chansons de toile ». On connaît aussi quelques femmes troubadours et quelques compositrices célèbres de chants sacrés telles que Hildegard von Bingen. Jusqu’au XIIe siècle, on comptait en Europe occidentale davantage de monastères féminins que de monastères masculins. Après le XIIe siècle, la tendance s’est renversée, mais un très grand nombre de monastères féminins ont survécus. Et que devaient-elles bien chanter lors de leurs offices ? Des hymnes, des séquences, et toutes sortes de chant composés par les religieuses elles-mêmes et du chant grégorien bien sûr !
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